N°12
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Nature
et progrès
interactions,
exclusions, mutations.
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La
nature favorise-t-elle le progrès humain ou
s’oppose-t-elle à lui? Peut-on envisager
l’un indépendamment de l’autre,
voire promouvoir l’un au détriment de
l’autre? Le souci de la nature est-il un facteur
de changements dans nos sociétés contemporaines?
Les perspectives de progrès peuvent-elles aujourd’hui
ignorer l’environnement naturel? Autant de questions
auxquelles le présent ouvrage tente d’apporter
quelques débuts de réponses.
Se
trouvent ici réunis des textes rédigés
par un ensemble d’historiens, de géographes,
et de spécialistes de l’Amérique
du nord et des pays de l’aire Asie/Pacifique,
qui se sont donnés pour tâche d’étudier,
dans ces régions, les conditions de la confrontation
entre le monde naturel et les exigences de développement
économique et de progrès social. Outre
l’aspect métaphysique de cette relation,
les divers contributeurs se sont intéressés
aux conséquences de cette conviction de l’Occident,
encouragée par mouvements philosophiques comme
le pragmatisme, que l’homme avait le pouvoir quasiment
infini de transformer la nature. Cette vision du progrès,
où la nature se trouve simplement instrumentalisée,
incorporée à un projet global de croissance
des sociétés industrielles, trouve quelque
illustration aussi bien dans l’Ouest américain
qu’en Australie ou en Nouvelle-Zélande.
Mais elle a heureusement ses détracteurs. Au
hasard des pages, on trouvera des analyses consacrées
aussi bien à l’écologie et la préservation
de l’environnement qu’à la gestion
du patrimoine autochtone, aux Etats-Unis comme dans
la zone Pacifique. Une large place est également
réservée au renouveau des visions esthétiques
de la nature, soit considérées dans le
cadre d’une tradition littéraire romantique,
soit réinterprétées par le biais
du «land art» ou même de la réalité
virtuelle en informatique. La nature se réapproprie
ainsi une partie du territoire du sacré et acquiert
une force nouvelle à opposer aux inconditionnels
du progrès.
Cet ouvrage, on l’aura compris, fait un point
sur un débat dont les ramifications ne sont pas
régionales, ni nationales, mais planétaires,
sur des changements progressifs de comportement dans
les sociétés vouées au culte du
progrès, sur les évolutions culturelles
et idéologiques qui marquent notre temps, sur
les initiatives et les solutions pratiques (même
les plus activistes et radicales) mises en œuvre
aujourd’hui pour assurer un développement
harmonieux, pour donner un sens nouveau au progrès
dans des conditions de raréfaction des ressources,
pour rendre à la nature sa place et son rôle
dans l’accomplissement des desseins de l’humanité.
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